reliquaire

La classification des reliques .

Le mot relique est dérivé du mot latin relinquo – signifiant je pars, ou j'abandonne. L'Église reconnaît les reliques comme étant l'une des trois classes différentes; Première classe, deuxième classe et troisième classe. Certains catholiques pensent qu'il existe une quatrième classe distincte de la troisième. Aux fins de cet article, nous aborderons les trois classes, en notant la quatrième le cas échéant.

Dès les premiers temps, les fidèles conservaient avec ferveur les objets qui avaient trait aux supplices des martyrs (on voit ainsi dans le récit du martyre de Sainte Cécile, par exemple, que les gens de sa maison imbibent des toiles avec le sang que la Sainte est en train de répandre).

La foi de l’Eglise manifestait ainsi que le sacrifice des martyrs était uni à celui de leur divin Rédempteur et que si « aux yeux des insensés ils ont paru mourir, et leur départ de ce monde a semblé un malheur… ils sont dans la paix. Alors même que, devant les hommes, ils ont subi des châtiments, leur espérance était pleine d’immortalité… Car Dieu les a éprouvés et les a trouvés dignes de Lui : il les a éprouvés comme l’or dans la fournaise et les a agréés comme un parfait holocauste » (Sap. III, 2-5).

Après la pacification qui suivit l’édit de Milan (en 313), le culte se développa et on éleva de grandes églises sur les tombes des Apôtres Pierre et Paul, et sur celles d’autres saints particulièrement vénérés comme Saint Sébastien, Saint Antoine, Sainte Agnès… etc.
Sainte Hélène, mère de Saint Constantin 1er le Grand, fit rechercher en Terre Sainte les lieux et les objets qui étaient liés à la vie et à la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Les basiliques qu’on éleva à cette époque furent donc comme de grands reliquaires dans lesquels étaient conservés les tombeaux des Saints ou des objets particulièrement précieux pour la foi chrétienne (la Sainte Croix et les objets de la Passion, le Saint Sépulcre, la grotte de la Nativité… etc.).

Dès ce moment-là aussi on procéda à des « translations » de corps ou d’objets saints : lorsque le lieu de la sépulture ne se prêtait pas à la construction du lieu de culte envisagé, ou quand (en raison de la longueur et des difficultés des voyages) on préféra dédoubler les lieux de vénération et que l’on commença pour cela à partager les reliques.

Un peu plus tard, au moment des grandes invasions barbares ou normandes, les craintes liées aux destructions et aux pillages furent également l’occasion de translations des reliques, donnant parfois lieu à des processions solennelles, à des miracles retentissants aussi, et à une extension de la dévotion envers le saint dont on avait transporté le corps.

La célébration des Saints Mystères sur la tombe même des martyrs est aussi à l’origine de l’usage de la translation des reliques pour les cérémonies de consécration des églises et des autels : il devint même obligatoire d’insérer des reliques des saints dans la table de pierre consacrée, au creux d’une petite cavité (appelée tombeau) que l’évêque consécrateur scelle solennellement.

Le développement des fruits de sainteté dans l’Eglise et l’accroissement du nombre des Saints entrainèrent aussi bien sûr le développement du culte des reliques.


On distingue les reliques par classes  :

a) Sont considérées comme reliques de " première classe "

les corps des saints ou les fragments importants de ces corps (crâne – on parle du chef – , ossements entiers) ; Les objets directement associés aux événements de la vie du Christ (crèche, croix, etc.), ou les restes physiques d'un saint (un os, un cheveu, un membre, etc.) Traditionnellement, les reliques d'un martyr sont souvent plus prisées que les reliques d'autres saints. En outre, les reliques de certains saints sont connues pour leur extraordinaire incorruptibilité (les restes humains ne se détériorent pas comme on pourrait s'y attendre). Par exemple, un corps vieux de 500 ans semble être encore dans le sillage) et sont donc très appréciées. Il est important de noter que les parties du saint qui ont été importantes dans sa vie sont des reliques plus prisées. Par exemple, l'avant-bras droit du roi saint Étienne de Hongrie est particulièrement important en raison de son statut de souverain. La tête d'un théologien célèbre peut être sa relique la plus importante. ( La tête de saint Thomas d'Aquin a été enlevée par les moines de l'abbaye cistercienne de Fossanova où il est mort). Si un saint a beaucoup voyagé, les os de ses pieds peuvent être prisés. 

  • ex ossibus - des ossements
  • ex crure - de la jambe
  • ex brachio - du bras
  • ex carne - de la chair
  • ex corpore - du corps
  • ex praecordis - de l'estomac ou de l'intestin
  • ex piliis - des cheveux (cheveux, barbe ou moustache)
  • ex cineribus - des cendres (martyr brûlé)
  • ex exuviis - des cendres ou de la poussière (recueillie sur la dalle du martyrium)
  • ex tela imbuta sanguine - de tissu trempé dans le sang
  • ex tela imbuta cineribus - de tissu imprégné de cendres
  • ex lignum Crucis D.N.J.C. - du bois de la croix de Domini Nostri Jesu Christi (Notre Seigneur Jésus-Christ)
  • ex rupe presepij - de la grotte de la Nativité
  • ex pelle - de la peau
  • ex sanguine - du sang
  • ex sindonis D.N.J.C. - du linceul de Domini Nostri Jesu Christi
  • ex sudarii - du suaire

b) Les reliques de " deuxième classe "

Une relique de deuxième classe diffère de la première classe, en ce qu'elles sont les possessions ou les outils qui appartenaient ou étaient utilisés par un saint au cours de sa vie. Des articles tels que des vêtements, des bijoux, des sceptres, des bibles et des outils à main pouvaient tous être considérés comme des reliques de seconde classe, tant qu'ils étaient utilisés par un saint.

Dans le cas d'un martyr, les instruments de sa disparition peuvent également être considérés comme une relique de seconde classe. Les outils utilisés dans le processus de torture ou d'exécution du saint, bien que morbides pour certains, peuvent être tout aussi puissants qu'un anneau porté par un saint. Cela peut s'étendre au bois utilisé pour fabriquer la croix sur laquelle ils ont pu être crucifiés, à la corde avec laquelle ils ont pu être suspendus, ou même aux cendres du moment où ils ont été brûlés sur la pile, comme Jeanne d'Arc.

 

  • ex pallio - du manteau
  • ex velo - du voile
  • ex indumentis - du vêtement (l'expression fait parfois référence à une relique de troisième et quatrième classe)
  • ex arca sepulchralis - de l'arche sépulcrale (tombeau ou cercueil quadrangulaire en forme de coffre et fermé par un couvercle aux formes variées)
  • ex fune - de la cordelette (celle de certains ordres religieux réguliers portent autour de la taille au-dessus de la robe)
  • ex cilicio - du cilice

c) les reliques de " troisième classe "

Une relique de troisième classe est tout objet, neuf ou ancien, qui est entré en contact avec les restes d'un saint, ou pressé contre sa tombe ou son reliquaire ; en d'autres termes une relique de première classe. Cela pourrait inclure des tissus funéraires qui ont été utilisés lors de leurs funérailles, le sol dans lequel ils ont été enterrés, les restes de leur cercueil ou des objets plus récents tels que des tissus, des pendentifs ou des mantilles , qui ont été bénis par Dieu lorsqu'ils ont été placés contre le relique de première classe.

Les reliques de troisième classe sont portées, transportées ou conservées à la maison, pour la protection, les conseils divins et l'assistance de leur saint patron.

Le débat sur les reliques de quatrième classe vient de l'inclusion de morceaux de la pierre tombale du saint, s'il y en avait une, et d'éléments qui ont été pressés ou frottés sur des reliques de deuxième classe. Certains catholiques ignorent catégoriquement ces reliques comme étant de véritables reliques, d'autres les considèrent comme de troisième classe. Nous n'avons pas été en mesure de trouver une réponse définitive sur la position de l'Église sur ces éléments, nous vous conseillons donc de suivre votre propre foi et croyance pour ces reliques particulières.


La vénération des saintes reliques appartient au culte de « dulie » – ce n’est pas un culte d’adoration mais de vénération, l’adoration n’étant due qu’à Dieu seul – , mais c’est en outre un culte que l’on dit « relatif », parce que, à travers la relique, il s’adresse en réalité à la personne du Saint, et non à l’objet lui-même.

La vérification de l’authenticité des reliques est indispensable avant de les proposer à la vénération des fidèles : cette authentification est confiée aux cardinaux, aux évêques, à certains prêtres spécialement autorisés (supérieurs majeurs des religieux ou vicaires généraux dans certains cas).
Cette authenticité est certifiée par un document écrit – qu’on nomme un « authentique« – et par les sceaux qui ferment le reliquaire.
Il est admis que l’on peut continuer à proposer des reliques à la vénération des fidèles lorsque ce certificat d’authenticité a été détruit ou perdu, à la condition que les sceaux du reliquaire soient intacts.

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